L’activité d’une entreprise de production consiste à gérer des processus répétitifs qui forment la trame de sa vie quotidienne : prendre des commandes, lancer des fabrications, gérer des comptes. Un projet de robotisation se démarque de cette vie quotidienne : c’est un processus ponctuel de changement que l’entreprise n’a pas l’habitude de gérer. Il est donc important de suivre une approche structurée pour en garantir le succès. De plus, pour bénéficier au maximum des compétences de chacun (dans le but d’optimiser le projet de robotisation des points de vue technique, économique et humain) l’industriel et son fournisseur doivent engager, très en amont de l’investissement, un partenariat étroit.
Il se découpe en trois grandes étapes :
Dans cette phase, le client, avec l’aide du ou des fournisseurs pressentis, va définir les objectifs de la robotisation, rechercher et valider les solutions techniques les plus optimisées, et approcher la rentabilité de son investissement. Une fois la solution technique choisie, il composera un cahier des charges définitif, document contractuel et de liaison entre lui et son fournisseur.
Lorsqu’un chef d’entreprise envisage un projet de robotisation, il doit pouvoir évaluer si cette solution apport une amélioration dans son procédé de production. Il se fixe des objectifs en terme de qualité, de taux d’engagement de ses machines, de coùt de la pièce produite, de volume de production, etc. Le choix de l’opération à robotiser se fait de façon judicieuse, et ce, surtout lorsqu’on investit pour la première fois dans cette technologie. Il faut choisir un poste simple à robotiser et rapidement rentable.
Une fois le poste à robotiser choisi, l’industriel décrit, dans un cahier des charges préliminaire :
Cette phase est essentielle pour définir la solution la plus optimisée, tant sur le plan technique que sur le plan économique. Elle permet aussi de limiter les risques, avant d’investir, en déterminant de façon précise les équipements nécessaires au bon fonctionnement. Il existe plusieurs méthodes de validation qui peuvent être mises en œuvre en fonction de la complexité de l’application :
Le robot travaille non pas forcément plus vite que l’homme mais, en revanche, avec une grande régularité. Il peut produire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, permettant ainsi de moduler la production en fonction des demandes du marché. Cela entraîne, par conséquent un accroissement de la productivité qui doit être rapprochée du montant de l’investissement. La rentabilité se calcule à partir de différents facteurs comme :
Les industriels ont souvent tendance à ne prendre en compte qu’une toute petite part de ces facteurs lorsqu’ils calculent pour la première fois la rentabilité de ce type d’investissement. Cela est souvent dû au fait qu’il est difficile d’en chiffrer la valeur avant d’avoir vécu une première expérience en robotique. De plus, il ne faut pas négliger la valeur résiduelle su robot, due à sa reconvertibilité dans d’autres applications ou sur d’autres produits. Tous ces facteurs sont pris en compte sans la formule de calcul donnant le retour sur investissement :
RETOUR SUR INVESTISSEMENT = (GAIN – COUTS) / INVESTISSEMENT
Les coûts sont essentiellement ceux de la consommation d’énergie (très faible), la maintenance et l’amortissement.
A l’issue de ces premières phases de l’avant projet, l’industriel est à même de redéfinir, de façon plus précise, son besoin et les limites de fourniture des intervenants dans le projet, en modifiant son cahier des charges préliminaire. Le cahier des charges définitif intègrera aussi ses exigences en matière de délais et de garanties. Le choix du fournisseur est une étape importante et ne doit pas prendre uniquement en compte le montant de l’investissement. Le gain réalise à l’achat peut se révéler dérisoire face aux coûts aux risques encourus par l’industriel, s’il ne fait pas le choix du bon fournisseur et de la bonne solution technique
Il est de plus en plus important, lorsqu’on investit dans la robotique, de ne pas prendre en compte seulement l’investissement premier du matériel, mais de considérer l’ensemble des coûts et notamment ceux liés à l’exploitation du moyen de production (comme la maintenance, les consommables et la reconvertibilité du matériel, lorsque le produit fabriqué arrive en fin de vie). En raisonnant sur le coût global de possession, on s’aperçoit rapidement que la robotisation amène une rentabilité bien plus forte, comparée à celle d’une machine spéciale qui, elle, n’est pas convertible et nécessite une maintenance plus importante.
Une fois l’investissement réalisé, le projet se déroulera de façon très structurée pour en assurer le succès. Les différentes étapes sont décrites dans le logigramme du déroulement d’un projet robotique.
Dans un projet robotique intervient un nombre important de fournisseurs, chacun d’eux étant en charge d’une partie de l’installation. Pour mener à bien ce type de projet, il faut définir de façon précise qui sera le chef d’orchestre ou le chef de projet. Il assumera la coordination de l’ensemble des intervenants, mais aussi le planning, les coûts, et sera le garant des performances globales de l’installation. Toute société participant au projet peut jouer ce rôle. Cependant, dans la majeure partie des cas, le roboticien, une société spécialisée dans l’intégration de robots ou encore l’industriel lui-même sont les plus aptes à remplir cette fonction.
L’arrivée du robot sur le site de production doit se faire dans un climat de confiance au sein de l’entreprise et apporter aux salariés une motivation supplémentaire. Pour ce faire, il convient de préparer le personnel à sa venue, de l’informer des avantages induits et des ambitions de l’entreprise.
Elle est un élément essentiel dans la réussite de l’installation, car elle permet non seulement d’utiliser le matériel de manière efficace, mais aussi de le faire évoluer dans le temps. La formation peut se dérouler en trois étapes : avant l’arrivée du matériel (formation à la programmation du robot), pendant sa mise en route (formation à la conduite de l’installation) et lors de son exploitation (formation à la maintenance). Les stages de formation se font soit chez le constructeur de robots (cas le plus fréquent), soit chez l’industriel lui-même, lorsqu’il a un personnel nombreux à former.
En conclusion, l’évolution des robots est telle que les solutions préconisées peuvent être rationalisées au maximum, en utilisant toutes les capacités et les fonctionnalités des produits. Par exemple, les automatismes sont simplifiés grâce à la mise en œuvre de réseaux de terrain. Le roboticien, entant que spécialiste de ses produits, est le partenaire privilégié pur aider les industriels à diminuer le coût de leurs investissements en proposant la solution la plus optimisée. 